Le secteur du ruisseau de la Brasserie à Hull-Gatineau (Québec) présente un fragment de territoire urbain chargé d’éléments disparates, conduisant à interroger l’expérience singulière de ces lieux. Par extension, le déterminisme urbain et les espaces contrôlés engendrent leurs propres résidus, qui, par une forme d’entropie, leur font finalement réaction: de même, ces conditions sont indissociables l’une de l’autre. S’y produisent brèches et contradictions, devenant potentiellement des lieux d’intensités renouvelées, conditions de dérives possibles. Rappelant des éléments de psychogéographie, de quoi sont constitués ces agencements urbains, quels sont leurs effets sur la ‘cartographie’ affective des individus ? En ce sens, la privatisation croissante de l’espace public se manifeste par le recours à des technologies de perceptions (surveillance, conditionnement, ‘muzak’) et de contrôle (consommation, divertissement, espaces génériques) nous affectant singulièrement: par renversement, s’articulent la volonté, le désir de façonner nos propres territoires et trajectoires.

‘Surfaces de réparation’ propose des interventions s’inscrivant sur supports et durées variables: (dé)marquages, imprégnations, balisages souples. Aborder l’environnement ambiant, ses conditions périphériques, comme un terrain chargé, riche en information, constitué de ‘bruit’ à parasitage modulable. Échantillonnages: sonder, récupérer, recontextualiser, recoder, tonaliser, contaminer. Via la recombinaison et médiation de sources audiovisuelles échantillonnées en périphérie du centre d’artistes, peut-on constituer une expérience intime, intensifiée du territoire ? Cette médiation du territoire devient-elle un champ de relations, un réseau de migrations possibles, d’états ou de présences ‘résiduels’ s’inscrivant consciemment / physiquement dans la perception de celui-ci ? Comment la nature des interventions peut-elle réactiver des éléments dormants, potentiels du territoire limitrophe à AXENÉO7 ? Normalement utilisé pour désigner des zones délimitées de jeu et soumis à des considérations techniques, le terme ‘surfaces de réparation’ tend vers des surfaces ‘limites’, lieux de microévénements, zones troublées et réactivées.

Jean-Maxime Dufresne - Virginie Laganière

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